Alors que les vagues de chaleur se multiplient et s’intensifient, la question du confort d’été dans les logements devient un enjeu central pour les concepteurs, les bailleurs et les usagers. Comment imaginer des bâtiments capables de rester agréables à vivre sans recourir systématiquement à la climatisation ?
Chez TERAO, nous avons souhaité apporter des réponses concrètes à cette question en partageant un retour d’expérience issu d’un projet mené pour le groupe Pierreval, dans le cadre de logements collectifs.
À travers cet article, vous découvrirez :
En quoi la localisation climatique peut bouleverser la performance d’un même bâtiment ;
Quelles solutions passives ou sobres se révèlent les plus efficaces pour garantir des logements agréables à vivre.
L’IMPORTANCE DU CONFORT ADAPTATIF
Le confort d’été ne peut se résumer à un simple seuil de température. Il dépend de nombreux paramètres tels que la température de l’air, l’humidité, le mouvement de l’air, mais aussi les habitudes et capacités d’adaptation des occupants. Pour évaluer ce confort, plusieurs approches existent : seuil fixe selon la température d’air ou bien la température opérative, diagramme de Givoni… mais l’une des plus pertinentes aujourd’hui est le confort thermique adaptatif.
Méthode reconnue par les normes EN 16798 et ASHRAE55, le confort adaptatif considère que l’être humain s’adapte aux variations de température extérieure. Une élévation brutale de la température sera alors difficilement acceptée, tandis qu’une montée progressive sera accueillie plus facilement. On ne fixe pas une température idéale unique, mais une plage de confort qui évolue en fonction de la température extérieure moyenne des jours précédents.
Dans le cadre de l’étude menée pour le groupe Pierreval, nous nous sommes donc appuyés sur le modèle de confort adaptatif, catégorie II (usagers standards du résidentiel), afin d’identifier les meilleures solutions pour limiter l’inconfort estival des logements.
Nous avons ainsi simulé les conditions de confort dans différents logements types : mono ou bi-orientés, traversants ou non, ou encore selon leur niveau, situés à Louverné.
Les résultats
▪ Pour un T3 en dernier étage bi-exposé SE/SO, les températures opératives maximales mesurées entre fin juin et mi-juillet atteignent 29°C, pour des journées à 38°C extérieur.
▪ Grâce à une bonne ventilation nocturne, une décharge thermique de 4°C est obtenue la nuit, permettant une nette amélioration du confort.
▪ En termes d’inconfort, le nombre d’heures hors zone de confort est quasi nul : de 0 à 2 heures maximum sur l’ensemble des logements étudiés. Cela représente moins de 0,1 % du temps sur la période analysée.
LA LOCALISATION : UN FACTEUR DETERMINANT
Le confort thermique d’un bâtiment peut varier fortement selon sa localisation géographique.
Les résultats du cas d’étude pour le groupe Pierreval montrent des écarts très importants selon les villes :
À Lyon, avec un scénario climat futur (projection à horizon 2050, scénario RCP8.5), on observe jusqu’à 402 heures d’inconfort estival au sein du logement. Un vrai défi en zone H1c, marqué par des canicules longues et peu de décharge nocturne.
À Bordeaux, bien que les journées puissent être chaudes, les nuits restent fraîches, permettant une ventilation naturelle efficace. Bilan : 73 heures d’inconfort, soit un facteur 4 par rapport à Lyon.
À Marseille, la situation est plus contrastée induisant un inconfort de 909 heures. Le rayonnement solaire y est plus intense, et les écarts jour/nuit sont faibles. Cela limite le rafraîchissement passif, et impose donc des stratégies plus robustes, comme des protections solaires efficaces ou une inertie accrue.
Un même bâtiment, avec la même architecture, les mêmes matériaux et les mêmes usages, ne réagit pas de la même manière selon sa localisation et doit donc être conçu différemment en fonction de son environnement. Ce qui fonctionne à Bordeaux ne fonctionnera pas forcément à Marseille ou dans une autre ville !
Il est donc essentiel : de choisir les bons fichiers météo, d’évaluer le potentiel réel de confort et d’adapter les stratégies passives à chaque climat.
Ce travail en amont permet de garantir un confort d’été sans surconsommation énergétique, sans climatisation systématique, et avec des solutions réellement adaptées au contexte local.
QUELLES SOLUTIONS PASSIVES OU SOBRES SONT LES PLUS EFFICACES ?
Après avoir exploré les standards de confort et les effets de la localisation précédemment, il est temps de répondre à la question clé : quelles sont les solutions les plus efficaces pour limiter l’inconfort estival ?
Notre retour d’expérience sur le projet du groupe Pierreval montre que certaines stratégies essentiellement passives peuvent faire toute la différence :
Protection solaire fixe en complément d’une protection mobile : jusqu’à –0,5 °C supplémentaires sur la température opérative avec des casquettes ou stores bannes. Permet une réduction directe des apports solaires indépendamment du comportement des usagers, avec un effet immédiat en façade sud.
Cool roof, peinture réfléchissante en toiture : jusqu’à –0,8 °C en période chaude. Particulièrement efficace sur les derniers étages, sensibles à l’accumulation thermique.
Brasseurs d’air : non seulement peu énergivores, mais -87 % d’heures d’inconfort observées grâce à l’élargissement de la plage de confort adaptatif par la mise en mouvement de l’air. Solution idéale pour améliorer le ressenti thermique sans abaisser la température réelle.
Occupation active et comportements engagés : un bon usage des protections solaires et des ouvertures permet de gagner jusqu’à 1,1 °C supplémentaire par rapport à des usagers acteurs. La pédagogie des occupants joue un rôle clé dans la performance globale du bâtiment.
Conclusion
Il n’existe pas de solution miracle unique. C’est la combinaison intelligente de plusieurs leviers (orientation, protections, ventilation, inertie, gestion des apports) qui permet d’atteindre un confort d’été durable, sobre et résilient.
Concevoir un bâtiment agréable à vivre en été sans climatisation, c’est possible ! Cela exige :
▪ Une analyse fine du contexte climatique,
▪ Une intégration des usages réels,
▪ Et des solutions passives adaptées au site.
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