Décarboner le bâtiment : le brief Façade du Hub des Prescripteurs Bas Carbone en 5 messages clés

TERAO fait partie du Hub des Prescripteurs Bas Carbone. En août 2021, nous vous partagions la synthèse du brief matériaux biosourcés. Récemment, le Hub a diffusé son nouveau Brief filière portant sur le sujet de la Façade Bas carbone. Les façades assurent un rôle de protection, d’isolation, d’occultation, de confort… mais sont également au cœur des enjeux de décarbonation des activités du bâtiment et de la RE2020. En effet, elles représentent 10 à 25 % de l’impact carbone global des projets. Nous vous faisons ici la synthèse fidèlement restituée de ce nouveau brief thématique, en 5 messages clés.

Message clé n°1 – Porter attention aux données carbone disponibles des composants : un prérequis

La façade a plusieurs fonctions, comme illustré sur l’infographie ci-dessous :

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© Hub des Prescripteurs Bas Carbone

Parmi ces fonctions, « finir » (doublage intérieur de la façade hors isolant) et « isoler » (isolation intérieure ou extérieure) sont les moins impactantes en termes de poids carbone. Paradoxalement, ce sont celles dont les Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES) des matériaux associés sont les plus nombreuses sur la base INIES. Inversement, les composants qui ont le plus de progrès à faire vers la sobriété disposent de données lacunaires, voire absentes. Or, la qualité de la donnée est un levier de décarbonation fondamental, à plus forte raison depuis l’entrée en vigueur de la RE2020. Quantifier l’impact des matériaux mis en œuvre est une nécessité : l’amélioration des données ainsi que leur exhaustivité sont désormais de rigueur !

Message clé n°2 – Compacité et frugalité dès l’esquisse du projet : un levier clé de décarbonation de la façade.

Le critère carbone doit alors être intégré dès l’esquisse, que ce soit pour les parois pleines que les parois vitrées, tant ces paramètres se retrouvent figés très tôt dans la conception avec le permis de construire.

Dès lors, comment décarboner ? Le Hub avertit en premier lieu sur la nécessité du « consommer moins », laquelle passe par les principes suivants :

  • Sobriété et frugalité :
    En effet, la diminution de la consommation de matériaux et l’optimisation des volumes mis en œuvre réduisent l’impact ainsi que les coûts, si tant est que le confort des usagers ne soit naturellement pas sacrifié.
  • Durabilité :
    Interroger la qualité esthétique à l’épreuve du temps est essentiel, tout comme porter son attention sur la fréquence d’entretien et de maintenance des matériaux. La réversibilité de leur mise en œuvre permet également d’éviter toute restructuration lourde, coûteuse et impactante à l’avenir.
  • Le réemploi et le recours à des matériaux circulaires ou recyclés :
    Le verre, le calcin, l’acier… Autant de matériaux possibles au sein d’une approche permettant des gains carbone très importants, et pris en compte dans le calcul RE2020.

Ces trois axes amènent en un second temps vers le « consommer mieux », à savoir une orientation vers des matériaux moins carbonés.

C’est lors de la phase esquisse que le potentiel d’optimisation carbone est maximisé. Les fonctions « porter », « remplir », « revêtir » et « occulter » étant les plus impactantes en termes de poids carbone, ce sont également celles qui présentent les marges de manœuvre les plus importantes, pour peu qu’ils soient activés le plus en amont possible.

Message clé n°3 – L’optimisation du taux de vitrage : une question au cœur des préoccupations bas carbone, énergétiques, esthétiques et de confort des occupants

Les parois vitrées (fonctions « vitrer » et « occulter ») représentent a minima 40 % de l’empreinte des bâtiments. Elles sont en moyenne deux fois plus carbonées que les parois pleines, tant d’un point de vue « impact » des matériaux en eux-mêmes, que des systèmes mis en œuvre pour assurer le confort d’été et limiter les consommations. Pour autant, les leviers de décarbonation de ces parois sont les plus restreints de tous. Les pleines, elles, représentent un fort potentiel de décarbonation. Partant de ce constat, c’est le taux de vitrage qui nécessite une optimisation – dès l’esquisse une fois encore – sans toutefois se faire au détriment du confort.

En fonction de l’orientation, la nature et le rapport plein/vide, l’occultation devient un paramètre d’autant plus important que la RE2020 la valorise, via les indicateurs de besoin bioclimatiques (Bbio) et d’inconfort thermique (Degré-Heures). Des occultations à empreinte carbone réduite, couplées à une conception bioclimatique, permettent de réduire les quantités mises en œuvre, ainsi que l’impact global.

Ci-dessous quelques exemples des pistes – toutefois limitées comme énoncé plus haut – de décarbonation du vitrage :

  • Moins d’épaisseur (pas toujours possible pour des raisons thermiques ou acoustiques…) ;
  • Traitement du vitrage différent ;
  • Matière choisie auprès d’un fabricant ayant mis en place une stratégie de réduction de l’impact carbone de ses processus ;
  • Choix d’un châssis à plus faible impact, si techniquement possible.

Message clé n°4 – Les matériaux biosourcés : un facteur central d’optimisation de l’empreinte carbone d’une façade de bâtiment

Une fois les grandes orientations de conception figées, la réflexion sur le recours aux matériaux et systèmes constructifs biosourcés peut être initiée sur le revêtement et le remplissage. Ces matériaux font l’objet d’un autre brief rédigé par le Hub. Leur potentiel d’optimisation est significatif, ainsi que celui des menuiseries (vitrage et châssis), et des occultations. Les choix doivent être pondérés en fonction du design architectural, du critère économique, de l’obsolescence et des contraintes réglementaires.

Message clé n°5 – Des scénarios de réduction de l’impact carbone « compatibles RE2020 » sans surcoût global, c’est possible !

Optimiser l’empreinte carbone d’une façade n’implique pas systématiquement un surcoût, bien qu’il soit difficile de donner un ratio précis. Les critères de confort et de sécurité des occupants sont des paramètres susceptibles de limiter le panel de solutions disponibles, et de faire varier les coûts associés. Le potentiel de décarbonation est donc variable pour un projet et un contexte donné (hauteur du bâtiment, zone sismique, etc.) surtout au regard des normes et sécurités incendies. Les solutions biosourcées sont alors plus ou moins applicables.

 

Les filières travaillent à la décarbonation de leurs produits et de leur process. L’industrialisation de nouvelles solutions s’inscrivent progressivement dans la trajectoire imposée par la Stratégie Nationale Bas Carbone. Les tableaux ci-dessous indiquent les valeurs de référence à atteindre pour rester dans la trajectoire des différents seuils de la RE2020 :

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© Hub des prescripteurs bas carbone

Les objectifs de neutralité carbone déclinés au travers de la RE2020 sont ambitieux. Ils nécessiteront d’activer des leviers sur toute la chaîne de valeur et à chaque étape de conception, pour l’ensemble des acteurs de la construction (industriels, concepteurs, entreprises, …). La façade n’y fait pas exception !

 

Experts en stratégies bas carbone

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